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À moins de cinquante jours des élections présidentielle et législatives, on ne peut être qu'indigné par ce déni de démocratie que constitue ce prompt report des élections législatives qui implicitement proroge pour la deuxième fois en moins d&a
À moins de cinquante jours des élections présidentielle et législatives, on ne peut être qu'indigné par ce déni de démocratie que constitue ce prompt report des élections législatives qui implicitement proroge pour la deuxième fois en moins d'un an, le mandat des députés jusqu'au 3 Juin (au moins). Malgré les prétextes utilisés et l'arsenal de lois dont nous disposons, n'oublions pas qu'un « mandat » est avant tout un contrat entre des électeurs et des représentants d'un peuple et que ces derniers on l'obligation de rendre compte et de remettre leur fauteuil en jeu à la fin de leur mandat. Au-delà de la volonté manifeste du pouvoir en place de ne point vouloir organiser les élections à la date du 25 Février et de la réaction sans aucune mesure des conséquences d'une « plainte » d'une partie de l'opposition (PS et LD-MPT), les électeurs ont la nette impression qu'on s'achemine vers une non-campagne électorale où aucun grand débat public n'est prévu et tout est fait pour décourager nos concitoyens d'aller voter.
Au mépris de l'opinion d'une partie de la population, renouveler ce report semble inhiber les efforts bénéfiques de l'alternance et montre le côté accidentogène de notre jeune démocratie. Entre la peur de subir un vote sanction et la perte des sièges et/ou des privilèges des élus de l'opposition, ce report semble démontrer une " logique d'auto-préservation du pouvoir " le plus longtemps possible par nos hommes politiques au détriment des principes d'égalités des libertés individuelles et collectives censées inspirer les nouvelles générations.
Quel est le but de ces opérations combinées et à qui servent-t-elles ? D'autant plus que l'organisation des élections présidentielle et législatives constituent un impératif catégorique et le socle d'une démocratie. Il y va de la " crédibilité morale " de nos hommes politiques et des citoyens sénégalais de s'engager à ne plus jamais être les témoins passifs d'une élection présidentielles et/ou législatives organisée « au jour le jour ».
De mémoire, l'actuel président disait lors d'une grève générale des Forces de Polices durant le régime de Diouf que le Sénégal était « le seul pays à se réveiller un jour sans Police », force est de constater qu'à l'approche de ces élections 2007 que les partis politiques rivalisent d'ignorance et d'approximations car l'on ne sait toujours pas qui est en coalition avec qui, qui sera investi à la place de qui, quel sera la répartition au niveau des investitures, bref en voulant moderniser le « logiciel républicain », on a l'impression de vouloir formater « le disque dur électoral ».
Ayant la possibilité d'appliquer un vote sanction à tout pouvoir qui ne tiendrait pas ses engagements et étant l'unique perdant de ces reports en cascades, le public sénégalais attend le jour J pour faire l'addition de toute cette instrumentalisation de notre démocratie et montrer une fois de plus sa liberté de choisir son destin. Au final, ce report et cette prorogation des mandats aux allures de « crise démocratique » au Sénégal peut-être mise à profit comme une invitation à ce que nos hommes politiques réfléchissent sur nos enjeux économiques, sociaux et politiques.
Le paradoxe vécu par les sénégalais, c'est qu'on devrait proroger les mandats des députés sur des sujets de fond non abordés et/ou non finalisés durant leur « vrai mandat » au lieu de réduire leur feuille de route au lendemain des présidentiels de 2007 à une stricte bataille électorale pour offrir au président élu une confortable majorité à l'Assemblée Nationale. Cette forte contradiction nourrit de l'idée commune du caractère opaque et non démocratique des institutions sénégalaises. A l'unanimité, tous les prétendants au pouvoir proposent une refonte complète du régime actuel au profit d'un régime parlementaire en donnant au pouvoir législatif plus d'autonomie et plus de pouvoir. Cette volonté des uns et des autres démontre le niveau de responsabilisation de l'assemblée Nationale, la nécessité d'avoir un niveau de confiance significatif entre le peuple et les élus et le rôle fondateur de la consultation du peuple avant de pouvoir le représenter.
A l'heure où nous devrions faire le bilan de l'alternance, la gestion politique du pays semble se résumer à une « simple planification au quotidien de la vie » des sénégalais. Les arguments avancés sur les reports ou non et le cumul ou non des élections, dépendent plus d'une série de raisons subies (inondations, dénonciation d'une violation de loi, annulation d'un décret par le Conseil d'Etat,…) que de raisons pilotées, anticipées, préparées et bien organisées.
Au-delà du fait que le report de ces élections installera notre pays dans une campagne électorale d'au moins trois (Présidentielle et législatives), les électeurs et le peuple ont encore une fois l'impression de vivre au rythme des partis politiques plus soucieux d'avoir plus de sièges que de s'occuper des vrais problèmes de la nation. Cette culture des résultats électoraux au détriment d'une recherche de solutions, met au grand jour les objectifs et les raisons évoquées par certains partis d'opposition.
La consultation de toute la nation, de la société civile et des partis politiques est plus que nécessaire avant toute décision concernant un sujet aussi sensible que la fixation et l'organisation d'élections présidentielle et législatives dans une démocratie qui se respecte et ne peut en aucun cas faire l'objet d'un simple décret et/ou volonté d'une partie de la population, à moins que cela soit prévue dans la constitution. Les objectifs majeurs de ces élections devraient être non seulement la définition des voix et moyens capables d'amener les citoyens à mieux s'intéresser aux enjeux nationaux et non partisans, mais aussi l'encouragement d'un débat public susceptibles d'enclencher un processus électoral sans écueils et qui permet au gouvernement de faire preuve de transparence.
Ressaisissons nous messieurs les politiciens et soyons réalistes, loin de nous l'idée de penser que vous pouvez projeter le Sénégal dans le cercle des 25 nations les plus riches du monde en moins de 5 ans (un mandat), ce qui devrait nous aider à sortir de cette logique de « Diktat » ou de « Plainte » pour organiser des élections digne de ce nom, ce qui constitue une partie intégrante et importante de notre jeune démocratie. Le dialogue doit primer sur tout autre enjeu et doit être la première étape d'un long processus visant l'amélioration de l'organisation des élections législatives. Gouverner, c'est prévoir.
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