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Edito journal Hebdo politique du Sénégal
Un an… déjà !
Etant réélu pour la deuxième fois à la tête de l’Etat comme dépositaire d'une nouvelle espérance le 25 février 2007, Me WADE vient de boucler la première année cette seconde mandature, sous une pluie de tensions politiques avec une opposition qui réclame à tout prix des Assises Nationales. Cette tension est perceptible sur le plan social avec des homosexuels qui secouent nos certitudes et fondamentaux religieux. Elle l’est également sur le plan sportif avec des Gaindés qui reviennent de la coupe d’Afrique sans la moindre victoire. Loin de vouloir faire le bilan avant la fin d’un mandat, on peut se poser la question : Comment va le Sénégal ? Il reste moins de 1500 jours au pouvoir de l’alternance pour relever le défi de l’éradication de la pauvreté, de l’instauration d’une prospérité partagée, d’une démocratie plus forte et sans corruption. Autant dire que la mission est quasi-impossible, puisqu’il faut sortir près de 3500 familles sénégalaises par jour de la zone d’impécuniosité et de la galère quotidienne.
Le peuple a eu confiance aux grandes orientations et chantiers que le Président avait fixés, mais devant un marasme social presque reconnu par l’actuel Premier lors de son accession au pouvoir, on peut se poser la question si le désir de changement n’a pas cloué au pilori les espoirs placés sur l’alternance. Les manœuvres de l’entourage du Président nous amène à nous poser des questions sur le Sénégal d’après, sans pour autant apporter des éléments de réponses aux problèmes d’aujourd’hui. Cette virtualisation de notre échiquier politique nous détourne de l’essentiel au profit de compétition de personnes, et nous ramène à une question fondamentale sur leur capacité à proposer aux sénégalais, une vraie offre politique et un contrat de développement qui ne laisse de côté aucun fils de la nation.
Les promesses de la première heure de l’alternance sont rattrapées par la flambée des prix de denrées de premières nécessités. Certes la crise immobilière des subprimes au USA a fortement contribué à cette montée vertigineuse des prix, mais l’absence de choix clairs de notre système socio-économique, installe les sénégalais dans une vague d’inquiétude collective. Le sénégalais moyen a la nette impression que les solutions trouvées à l’instar du débat télévisée de notre déroute du Ghana, se construisent et se consolident sur le refus de l’autre. L’opposition sénégalaise quant à elle, semble vivre ses pires moments puisque ne disposant d’aucune instance d’expression et est incapable de livrer une offre politique cohérente, depuis leur tentative des 77 propositions de feue la CPA. Frileuse à l’approche de chaque élection, elle est à la merci de l’entrecroisement de clivages et de conflits d’intérêts dans le choix des alliances. Voulant appliquer les méthodes d’hier aux solutions de demain, les partis de l’opposition ne semblent pas comprendre que l’envie de changement qui guette les sénégalais, dépasse la simple nomination de tel ou tel individu à la place de l’autre. L’identification appauvrissante de l’individualisation des partis politiques face à l’hyper-présidence de WADE, fait jaillir plus un narcissisme politique qu’une réelle volonté de vouloir trouver une solution aux problèmes des gorgorlu sénégalais. Divers obstacles semblent se dresser devant nous pour sentir les prémisses d’un jour meilleur. Les dernières propositions politiques du gouvernement misant sur la solidarité nationale et la remise sur pied d’un Sénat mono-couleur et difficilement justifiable, traduisent les limites politico-économiques de notre pays. L’homme de la rue a la nette impression que les solutions appliquées furent jadis les remèdes du passé et que l’originalité fait gravement défaut à nos hommes politiques. A la question, a-t-on soldé un sujet de préoccupation majeure au Sénégal depuis les indépendances (éducation, santé, environnement, économique,..) ? la réponse semble triste, regrettable et fait l’unanimité de tous les compatriotes. L’étude comparative de la montée des prix depuis le début de l’alternance, montre des records dépassant parfois le cap des 100%, mais le drame est qu’aucune solution concrète ne semble être présentée aux sénégalais pour régler ce problème. Il est temps pour notre jeune démocratie d’intégrer une culture du résultat. Ne sommes nous pas entrain de faire un mauvais plagiat de l’environnement politique de des pays occidentaux où une survalorisation de la politique spectacle constitue à elle seule un critère de fiabilité ? On se rend compte qu’un cabotinage victorieux ne garantit pas une bonne gouvernance de l'État. L’heure est venue pour notre pays de trouver des solutions rationnelles à nos tourments quotidiens. L’ensemble de la classe politique et de la société civile doivent s'acquitter de leurs responsabilités, en laissant de côté les promesses qui ne vont pas jusqu’à la racine des problèmes. Le déséquilibre entre les différentes couches de la société est structurel et menace déjà l'avenir. Tout l’enjeu des prochaines années est de proposer ensemble à défaut d’un parti où d’un mouvement unique un contrat à la nation. Le rôle d’un parti ou d’un responsable politique n’est pas exclusivement de rafler une mise électorale, qu’elle soit nationale ou municipale, ni le choix d’une personne sur une espérance sans contenu encore moins une alliance sans lendemain. La déception finira par arriver. La facilité est d’acheter à crédit le suffrage et la confiance du peuple, mais il arrive toujours un moment où les électeurs viennent présenter l’addition et c’est tout le pays qui règle la note.
Alioune KANDJI
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